Comprendre les besoins en protéines des chiens et des chats
S'ils partagent notre quotidien, chiens et chats n’ont pourtant pas le même rapport à la nourriture… surtout aux protéines. Comprendre ces différences est le premier pas pour offrir à chacun une alimentation sans carence, ni excès, ni surprise sur la santé.
- Le chien est qualifié d’omnivore à tendance carnivore. Il peut digérer une certaine proportion de protéines végétales, mais son organisme reste majoritairement conçu pour consommer de la viande.
- Le chat est un carnivore strict et doit impérativement recevoir des protéines d’origine animale pour survivre.
En pratique, selon l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire française), un chat adulte a besoin d’au moins 26 % de protéines brutes dans son alimentation quotidienne (source ANSES). Pour un chien adulte, cela se situe entre 18 % et 25 % selon son activité et son état physique.
L’importance des acides aminés essentiels pour les deux espèces
Au-delà du pourcentage de protéines, la qualité de celles-ci dépend des acides aminés qu’elles apportent. Tous ne se valent pas : certains sont indispensables, car l’animal n’est pas capable de les fabriquer seul.
- 11 acides aminés essentiels pour le chien
- 12 acides aminés essentiels pour le chat, dont la taurine, absente ou très rare dans les protéines végétales
Un défaut d’apport en ces éléments peut conduire à des carences graves (cécité, troubles cardiaques, fonte musculaire). D’où l’importance de bien choisir ses sources de protéines !
Protéines animales adaptées à la fois au chien et au chat
Certaines sources de protéines animales combinent excellent profil nutritionnel et digestibilité aussi bien pour le chien que pour le chat. Voici les plus indiquées, testées et approuvées depuis des décennies :
- Poulet : Riche en acides aminés essentiels, digestible, offre un taux de protéines élevé (20 à 25 % dans la chair). Les sous-produits (cœurs, foies) apportent taurine et vitamines du groupe B, essentielles pour le chat.
- Dinde : Semblable au poulet, mais moins allergène pour certains animaux.
- Bœuf : Bonne concentration en zinc et fer, protéines de qualité. Cependant, il peut causer des allergies alimentaires chez certains individus sensibles.
- Poissons (saumon, thon, sardine) : Riches en oméga-3, en protéines et en taurine (particulièrement thon et sardine). Limiter les apports à cause des métaux lourds potentiels et du risque d'hypervitaminose A avec le foie de certains poissons.
- Agneau : Alternative pour les sujets allergiques ou atopiques. Moins riche en taurine que le poulet mais néanmoins intéressant.
- Œufs : L'une des meilleures sources de protéines complètes, 90 % de digestibilité, apport parfait en acides aminés essentiels. Toujours donner cuits pour éviter substances neutralisées (avidine).
Tableau comparatif rapide : valeurs moyennes pour 100 g de protéines animales
| Aliment |
Teneur en protéines |
Teneur en taurine |
Digestibilité |
| Poulet |
21 g |
Élevée |
Excellente |
| Saumon |
20 g |
Bonne |
Très bonne |
| Agneau |
18 g |
Moyenne |
Bonne |
| Œuf (cuit) |
13 g |
Faible |
Excellente |
| Boeuf |
20 g |
Faible |
Très bonne |
Source : Table Ciqual/ANSES
Pourquoi les protéines végétales sont à manier avec précaution
Si la tentation est grande de compléter voire remplacer la viande par des protéines végétales pour des raisons économiques, écologiques ou idéologiques, leurs limites sont nombreuses :
- Leur profil en acides aminés n’est pas complet (ex. maïs, blé, riz sont pauvres en lysine, méthionine, taurine...)
- Elles sont globalement moins digestibles pour chiens et chats (taux de 60 à 75 % contre 85 à 98 % pour l’animal, selon la Journal of Nutrition).
- L’absence de taurine, surtout pour les chats, impose une supplémentation synthétique.
Protéines interdites ou à éviter totalement pour l’un ou l’autre
- Porc cru : Risque majeur de maladie d’Aujeszky (mortelle chez le chat et le chien).
- Foie en excès (surtout foie de poisson) : Risque d’hypervitaminose A, principalement chez le chat.
- Restes de repas transformés : Sel, épices, ail, oignon… sont toxiques pour les deux espèces.
Comment choisir une alimentation protéique mixte adaptée aux deux ?
Pour composer une ration maison ou choisir des croquettes ou pâtées pour plusieurs animaux, privilégier :
- Des aliments complets pour l’espèce la plus exigeante, soit le chat.
- Une composition à dominante protéique animale (protéines animales en tête de liste, taux de protéines brutes supérieur à 30 % pour le chat, >20 % pour le chien adulte actif).
- L’ajout de petites quantités d’œuf ou de poisson en complément régulier.
Attention, il n’existe pas d’aliment vraiment “universel” : leur métabolisme reste différent. La nourriture pour chat convient (ponctuellement) au chien, mais l’inverse n’est jamais vrai : une croquette pour chien n’apportera pas la taurine, la vitamine A ou la concentration en protéines suffisante au chat.
Pour les foyers mixtes : mieux vaut deux gamelles, adaptées à chacun.
FAQ sur les protéines pour chiens et chats
- Puis-je préparer moi-même une ration à partir de viande et légumes ?
Oui, mais il est indispensable de la faire valider par un vétérinaire nutritionniste pour éviter les carences (notamment calcium, taurine, vitamine A). Un excès de viande sans os déséquilibre le rapport calcium/phosphore, dangereux pour la santé osseuse.
- Peut-on donner du poisson tous les jours ?
Non, car le poisson cru contient une enzyme (thiaminase) qui détruit la vitamine B1. Le donner cuit, et limiter à 1 à 2 fois par semaine.
- Que penser des insectes comme source de protéines ?
Nouveauté en alimentation animale, ils sont très digestes, riches en protéines, mais peu de recul sur leurs apports précis en taurine et méthionine pour le chat. À intégrer en phase de transition sous contrôle vétérinaire.
- Mon chat ou mon chien âgé doit-il avoir plus de protéines ?
Oui, généralement, pour limiter la fonte musculaire, les protéines de haute valeur biologique deviennent encore plus importantes avec l’âge. Mais le taux doit être ajusté en cas de problème rénal, en lien avec le vétérinaire.
Pour garantir santé et vitalité à tous
Le point commun essentiel : privilégier la qualité et la diversité des protéines animales, en veillant toujours à couvrir les besoins particuliers de chaque espèce. Ni excès ni privation : le bien-être d’un chien ou d’un chat passe avant tout par une alimentation qui respecte leur vraie nature. Ce choix, guidé par l'expertise et la vigilance, est l’un des gestes santé les plus puissants du quotidien avec nos compagnons.