Depuis des millénaires, le chat a gardé les instincts de son ancêtre africain. Même s’il partage aujourd’hui nos canapés et cherche le soleil à la fenêtre, il a conservé une biologie de prédateur carnivore strict — et cela façonne entièrement ses besoins alimentaires.
Contrairement au chien, plus opportuniste dans son alimentation, le chat dépend presque exclusivement de protéines d’origine animale pour rester en bonne santé. Mais en quoi cela se traduit-il concrètement ? Et pourquoi ne peut-il pas tout simplement manger comme son compagnon canin ou comme nous ?
Le chat n’a pas évolué pour manger de tout. Dans la nature, un chat adulte consomme majoritairement de petites proies — souris, oiseaux ou lézards — riches en protéines, avec une part très réduite de glucides. Le National Research Council estime ainsi qu’un chat sauvage obtient environ 52 % de ses calories des protéines, 46 % des graisses et… moins de 2 % des glucides (NCBI).
L’importance des protéines d’origine animale pour le chat repose sur des points-clés :
Selon l’AFSSA (aujourd’hui ANSES), un chat adulte en bonne santé a besoin d’environ 5 à 6,5 g de protéines par kg de poids corporel chaque jour – et ces protéines doivent être majoritairement d’origine animale (ANSES).
La comparaison des besoins nutritionnels entre le chien et le chat éclaire bien leurs différences profondes. Un tableau synthétique peut aider à visualiser :
| Nutriment | Chat | Chien |
|---|---|---|
| Protéines recommandées (adultes) | 26–30 % (mini) | 18–22 % |
| Source privilégiée des protéines | Animale obligatoire | Mixte, plus flexible |
| Taurine | Essentielle (ajout obligatoire en alimentation industrielle) | Non essentielle (synthétisée naturellement) |
| Acide arachidonique | Essentiel | Synthétisable à partir de végétaux |
Autrement dit, un régime carné n’est pas “un plus” pour le chat, c’est sa référence biologique et son équilibre.
Quand l’alimentation s’éloigne de cette réalité biologique, les conséquences peuvent rapidement se faire sentir :
Il existe encore des débats sur la tolérance aux protéines végétales chez le chat, mais l’observation vétérinaire et la recherche s’accordent : la source, la digestibilité et la valeur biologique des protéines sont bien supérieures dans la viande ou le poisson.
Dans l’alimentation industrielle, il est crucial de faire la différence entre protéines animales de haute valeur biologique et sous-produits de moindre qualité. Une protéine de volaille désossée n’a pas le même impact nutritionnel qu’une simple “farine de viande”.
En 2021, une enquête de l’Association France Consommateurs montrait que 48 % des croquettes “premium” contiennent une part majoritaire de protéines végétales, peu assimilables par le chat.
À retenir : des protéines animales de qualité, provenant de sources identifiées et traçables, doivent toujours constituer la base du menu félin.
Depuis une dizaine d'années, l’offre en alimentation pour chats s’est diversifiée, avec une tendance “high meat” (riche en viande). Les croquettes affichant 70 % de viande (avant cuisson) se démocratisent, tout comme les rations ménagères ou les aliments humides à la composition transparente.
Cependant, la qualité varie grandement : tous les produits “riches en protéines” ne se valent pas. La digestibilité, la présence d’additifs ou de glucides cachés restent à examiner de près. Pour cette raison, les vétérinaires nutritionnistes recommandent de s’interroger non seulement sur le taux de protéines, mais aussi sur leur origine et leur capacité d’assimilation (source : WSAVA Nutrition Guidelines).
L’observation du comportement apporte d’autres indices sur le besoin instinctif de viande. Le chat consomme moins facilement une nourriture majoritairement végétale, même si elle est riche en protéines brutes. De nombreux propriétaires remarquent aussi un appétit plus régulier, des selles plus fermes et moins odorantes, ainsi qu’un pelage plus soyeux lorsque l’alimentation est axée sur des protéines animales fraîches ou peu transformées.
Au fil du temps, proposer une alimentation calquée sur ces besoins naturels permet de limiter les problèmes urinaires, les obésités d’origine glucidique et certains désagréments digestifs (source : International Cat Care).
Reconsidérer le contenu de la gamelle de nos chats, c’est faire un acte de respect envers leur biologie profonde. Face à la multitude d'emballages et de slogans, revenir à l’essentiel : le chat est un véritable carnivore, et il le restera. Répondre à son besoin en protéines animales de qualité, c’est investir dans sa santé, son comportement équilibré et sa longévité.
Avant tout changement, il est recommandé de consulter un vétérinaire ou un spécialiste en nutrition féline. Le choix des protéines, leur quantité, leur digestibilité et l’équilibre global de l’alimentation font aujourd’hui toute la différence, car chaque chat est unique… mais tous gardent ce besoin inaltérable de viande dans la gamelle.