Il existe des différences majeures entre la digestion du chien et celle de l’humain (ou du chat !). Omnivores opportunistes, descendus du loup, les chiens disposent d’un appareil digestif adapté à une alimentation avant tout carnée, bien qu’ils tolèrent et digèrent aussi certains végétaux.
Un chiffre parlant : chez le chien, le passage des aliments de la gamelle à l’évacuation est rapide, entre 12 et 30 heures en moyenne (Vetstreet), contre 30 à 48 heures chez l’homme.
La salive du chien ne contient pas d’amylase (l’enzyme qui digère les sucres complexes), contrairement à la notre. Résultat ? Leur organisme assimile bien mieux les protéines et lipides animales que les amidons. Leur besoin en protéines est donc plus élevé que celui des humains ou des chats.
Les chiens assimilent mieux les fibres solubles (légumes cuits, pulpe de betterave) que les fibres dures (céréales complètes, son) qui transitent quasi intactes. Cela explique le succès des croquettes « riche en viande » ou des rations ménagères axées sur la digestibilité.
| Nutriment | Tolérance digestive | Utilité pour le chien | Sources recommandées |
|---|---|---|---|
| Protéines animales | Excellente | Structure, muscles, énergie | Viandes, œufs, poissons |
| Graisses | Excellente | Energie, pelage | Abats, huiles animales |
| Glucides complexes | Moyenne, selon cuisson | Energie d’appoint | Riz, patate douce |
| Fibres insolubles | Mauvaise | Satiété, transit | Légumes bien cuits |
Le système digestif du chien est assez robuste, mais il possède ses faiblesses : intolérance à l’excès de matières grasses, mauvaise digestion des amidons non cuits, sensibilité aux changements brusques d’alimentation… Certaines races ont un tube digestif plus court (Bouledogue, Boxer), d’autres sont plus sujets aux intolérances (Shar Peï, Berger Allemand, etc.).
Cela explique aussi pourquoi certaines croquettes industrielles, très riches en céréales, provoquent flatulences, selles molles ou inconfort. D’après la banque de données VIN, près de 20% des chiens consultés pour troubles digestifs sont concernés par une mauvaise tolérance à certains ingrédients, souvent les protéines végétales ou les céréales de moindre qualité.
Le microbiote intestinal (flore) du chien agit comme un véritable rempart immunitaire, mais aussi comme moteur d’absorption. Un déséquilibre suite à une alimentation inadaptée peut provoquer : poils ternes, irritation des intestins, baisse d’immunité, voire problèmes de comportement.
Tenir compte des particularités digestives de son chien permet d’optimiser santé, vitalité et bien-être. Plusieurs paramètres sont à ajuster :
| Critère | Option recommandée | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Chiens sportifs | Ration plus riche en lipides/protéines (jusqu’à 30% de protéines, 20% de lipides) | Besoins énergétiques augmentés, meilleure récupération musculaire, résistance à l’effort. |
| Chiens âgés | Teneur en protéines digestibles élevée, matières grasses modérées | Maintient la masse musculaire, réduit les graisses pour protéger le foie/les reins. |
| Chiens sujets à la digestion sensible | Sources de protéines simples, fibres solubles, ajout de probiotiques | Réduit l’irritation, meilleure assimilation, limite les troubles digestifs. |
L’eau assure le bon fonctionnement de tout le tube digestif : elle permet au bol alimentaire de circuler, dissout les nutriments, facilite l’absorption intestinale et limite la constipation. Un chien adulte doit boire entre 50 et 70 ml par kilo et par jour (ScienceDirect), mais ce besoin grimpe avec l’alimentation sèche (croquettes). Les chiens nourris avec une ration humide ou maison boivent généralement moins, leur nourriture en contenant déjà davantage.
Il est possible, au quotidien, d’évaluer si l’alimentation choisie respecte le système digestif du chien :
Le suivi vétérinaire, couplé à l’observation attentive, permet de valider que le choix nutritionnel est bien en phase avec la physiologie digestive du chien.
Comprendre le système digestif du chien, c’est avoir toutes les clefs pour ajuster son alimentation à ses véritables besoins. Chien actif ou casanier, jeune ou senior, chaque compagnon à quatre pattes gagne à voir son assiette adaptée à ce que la nature a prévu pour lui. Ce respect de la physiologie digestive, loin d’être un détail, fait toute la différence : meilleur confort, résistance renforcée face aux maladies, et, surtout, une relation renforcée avec son humain.