Comprendre pourquoi certaines croquettes déclenchent des allergies chez nos chiens et chats

Allergies alimentaires : un phénomène en hausse chez nos animaux ?

Le nombre d’animaux présentant des signes d’intolérance ou d’allergie alimentaire ne cesse de croître. Selon une enquête de la British Veterinary Association, environ 10 % des consultations vétérinaires pour problèmes dermatologiques chez le chien concernent une allergie alimentaire (source : VetRecord, 2021). Pour les chats, ce chiffre est légèrement inférieur mais progresse aussi, avec une part encore sous-estimée selon les spécialistes, du fait de diagnostics plus difficiles.

  • Augmentation de la sensibilisation : Les propriétaires sont aujourd’hui plus attentifs aux signes de santé de leur animal.
  • Alimentations plus variées : L’offre alimentaire s’est massivemement diversifiée en 20 ans, et les animaux sont exposés à plus d’ingrédients différents au cours de leur vie.
  • Pollution et facteurs environnementaux : La sensibilité générale des organismes, animaux compris, serait accrue par certains facteurs environnementaux modernes.

Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire chez le chien ou le chat ?

La réaction allergique alimentaire désigne une réponse inadaptée du système immunitaire. Lorsqu’un chien ou un chat ingère un aliment considéré comme “allergène” par son organisme, ses défenses s’activent de façon excessive, provoquant divers symptômes.

  • Différence allergie/intolérance : Une allergie implique le système immunitaire ; l’intolérance est une difficulté de digestion.
  • Réaction retardée : Les symptômes peuvent apparaître de quelques heures à plusieurs jours après l’ingestion.
  • Forme chronique possible : Des réactions répétées peuvent s’installer dans le temps et devenir chroniques.

Quels ingrédients dans les croquettes sont le plus souvent mis en cause ?

Si un animal peut, théoriquement, devenir allergique à n’importe quel ingrédient, certains reviennent fréquemment parmi les responsables identifiés lors de diagnostics vétérinaires :

  • Protéines animales :
    • Poulet (la plus fréquente chez le chien, puis le bœuf, l’agneau, le poisson)
    • Dinde et porc sont moins impliqués, mais c’est possible
  • Céréales :
    • Blé et maïs sont plus souvent mis en cause que le riz ou l’avoine
    • Le gluten (protéine du blé) est parfois source d’intolérance chez certains individus, mais l’allergie vraie au gluten reste rare
  • Produits laitiers, œufs :
    • Certains additifs à base de lait ou d’œuf présents dans les croquettes peuvent être à l’origine d’un problème
  • Additifs et colorants :
    • Si la réglementation européenne les encadre, certains additifs peuvent déclencher des réactions chez les animaux sensibles (source : EFSA, 2023)

Fait marquant : dans une étude menée sur 297 chiens souffrant de dermatite alimentaire (Revue Journal of the American Veterinary Medical Association, 2016), le bœuf et le poulet étaient responsables de 70 % des cas, suivis par les produits laitiers et le blé.

Comment se manifestent les allergies aux croquettes ? Symptômes à surveiller

  • Lésions cutanées (rougeurs, boutons, perte de poils, “grattage”)
  • Otites chroniques ou répétées
  • Démangeaisons intenses, particulièrement au niveau des oreilles, des pattes, de l’aine
  • Problèmes digestifs (vomissements, diarrhée, flatulences, selles molles ou irritantes)
  • Parfois : léchage des pattes, signes d’inconfort, signes de douleurs abdominales

Un animal présentant ces signes nécessite toujours une consultation vétérinaire pour orienter le diagnostic (allergie alimentaire, parasitaire, atopie…) et éviter les automédications parfois dangereuses.

Pourquoi certaines croquettes provoquent-elles plus d’allergies que d’autres ?

Des compositions trop riches ou trop similaires entre marques

De nombreux industriels utilisent les mêmes protéines de base (poulet, bœuf, poisson) et les mêmes céréales, exposant ainsi les animaux à des contacts répétés avec les mêmes allergènes potentiels. Selon une étude de la revue Plos One (2020), 85 % des croquettes pour chiens testées utilisaient du poulet ou du bœuf comme principale source de protéines.

La qualité et la traçabilité des ingrédients : facteurs clés

Le risque d’allergie ne dépend pas que de la nature de la protéine ou des composants, mais aussi de leur qualité et de leur provenance. Des protéines mal hydrolysées (non décomposées en petites particules) exposent davantage le système immunitaire de l’animal, augmentant donc le risque de réaction. En outre, des contaminations croisées (traces d’ingrédients allergènes d’une recette précédente dans la machine) peuvent compliquer la situation, notamment chez l’animal hypersensible.

Des additifs et agents de texture peu naturels

Les colorants, arômes artificiels ou texturants sont, pour certains animaux ayant un terrain atopique ou immunitaire fragile, un facteur aggravant. Même s’ils restent marginalement responsables par rapport aux protéines, ils ne sont pas à exclure.

Une tendance à la surtransformation

La transformation industrielle modifie la structure des protéines : altération, cuisson à très haute température, extrusion… Des modifications qui peuvent rendre certains aliments plus allergisants pour l’animal, notamment en modifiant la reconnaissance par le système immunitaire (source : Allerderm, Ceva Santé Animale).

Pourquoi certains animaux deviennent-ils allergiques ?

  • Prédisposition génétique : Certaines races (West Highland Terrier, Boxer, Shih-tzu, Siamois…) ont une sensibilité accrue.
  • Exposition répétée au même aliment : Donner la même source de protéines tous les jours sur des années peut favoriser l’apparition d’une allergie.
  • Impact du microbiote : Un déséquilibre de la flore intestinale pourrait rendre certains animaux plus réactifs aux protéines alimentaires (source : Frontiers in Veterinary Science 2022).

Comment réagir face à une allergie alimentaire liée aux croquettes ?

  1. Éliminer les autres causes possibles : Vérifier d’abord présence de parasites, état de la peau, santé globale.
  2. Mettre en place un régime d’éviction : Sur prescription vétérinaire, choix d’une alimentation à protéines “nouvelles” (canard, cheval…), ou croquettes hypoallergéniques à base de protéines hydrolysées.
  3. Réintroduction progressive : Observer l’évolution des symptômes à chaque changement d’aliment sous contrôle vétérinaire.

Dans environ 60 à 70 % des cas, la solution passe par un ajustement alimentaire avec identification de la ou des protéines responsables (source : Royal Canin Veterinary Dermatology, 2019).

Conseils pour bien choisir les croquettes de son animal sensible ou allergique

  • Lire attentivement la liste d’ingrédients (priorité aux compositions courtes et lisibles)
  • Privilégier une nouvelle source de protéines (ex : canard, dinde, insecte, poisson blanc jamais donné)
  • Tester un aliment monoproteique (une seule source de protéines animales)
  • Compléter parfois avec des croquettes hypoallergéniques (protéines hydrolysées ou “petit poids moléculaire”)
  • Éviter les recettes contenant beaucoup d’additifs, colorants et arômes, en particulier pour les animaux déjà atopiques ou “allergiques à tout”

Astuce : conserver une trace des aliments testés et des réactions observées permet d’établir un historique, précieux pour le vétérinaire et pour anticiper d’éventuelles rechutes.

Les alternatives aux croquettes standards

  • Alimentation ménagère : Préparée sur mesure, elle peut répondre précisément aux besoins et intolérances, à condition de respecter l’équilibre nutritionnel (toujours avec l’aide d’un vétérinaire nutritionniste).
  • Rations ménagères commerciales : Certaines marques proposent désormais des menus frais personnalisés, parfois plus adaptés.
  • Repas humides (pâtées) : Les pâtées monoproteiques de qualité, sans additifs inutiles, représentent aussi une option intéressante pour les animaux très allergiques.

Comment favoriser la tolérance alimentaire de son chien ou de son chat ?

  • Varier les menus quand c’est possible pour limiter l’hypersensibilisation à certains ingrédients
  • Soutenir le microbiote par l’ajout de probiotiques adaptés si recommandé par le vétérinaire
  • Éviter l’exposition trop précoce à certaines protéines chez le très jeune animal (discussion avec l’éleveur et le vétérinaire)

Pour prolonger la réflexion : vers une alimentation plus personnalisée

L’allergie alimentaire reste parfois difficile à cerner et chaque animal est unique dans ses réactions. La tendance actuelle, chez les fabricants responsables, s'oriente vers des recettes plus précises, des protéines alternatives (insectes, cheval, lapin…), ou encore des aliments fonctionnels adaptés à la sensibilité digestive ou dermatologique. Un suivi vétérinaire, une attention aux signaux de l’animal, et une lecture fine des étiquettes sont ainsi les plus précieux outils pour concilier bien-être, plaisir et santé à long terme. Le dialogue avec les acteurs de la santé animale reste le levier principal pour prévenir efficacement ces désagréments.