Pâtée et croquettes : comment choisir l’alimentation idéale pour votre chien ou votre chat ?

Deux formes, deux philosophies : comprendre les bases

Entre la pâtée et les croquettes, les propriétaires d’animaux sont régulièrement confrontés à un choix qui semble anodin, mais qui repose sur des spécificités nutritionnelles, physiologiques et pratiques bien réelles. Selon une enquête de FACCO (2023), les ménages français partagent leur vie avec plus de 15 millions de chats et près de 8 millions de chiens—et pour chacun, l’alimentation est au cœur de la santé et du bien-être au quotidien.

Pâtée et croquettes diffèrent par leur texture, leur taux d’humidité, leur mode de conservation et leurs usages. Avant d’aller plus loin dans le détail, il est essentiel de bien maîtriser ces composantes, afin de comprendre les véritables enjeux d’un choix éclairé.

Qu’est-ce que la pâtée ? Focus sur l’alimentation humide

La pâtée (ou “alimentation humide”) désigne l’ensemble des aliments pour chiens et chats contenant une forte proportion d’eau : entre 70 % et 85 %. Elle se présente la plupart du temps sous forme de boîtes, sachets, ou barquettes, avec une texture allant du mousseux au compact.

  • Taux d’humidité élevé : favorise l’hydratation, un atout pour les animaux qui boivent peu (notamment beaucoup de chats, de nature peu enclins à s’hydrater spontanément—source : WALTHAM™ Petcare Science Institute).
  • Teneur en protéines variable : dépend de la qualité et du type du produit, mais la pâtée propose souvent une densité calorique moindre, ce qui limite la prise de poids si les quantités sont maîtrisées.
  • Goût et appétence : très attractifs pour les chiens et chats difficiles.
  • Fraîcheur et durée de conservation : ouverture oblige à consommer rapidement pour éviter les risques microbiens.

Les croquettes : l’alimentation sèche et ses atouts

Les croquettes constituent la forme la plus répandue d’alimentation animale aujourd’hui. En France, près de 80 % des repas pour chiens et chats sont à base de croquettes (FACCO). Leur taux d’humidité est beaucoup plus faible : autour de 7 % à 10 %. Elles se présentent sous forme de petits morceaux extrudés, faciles à distribuer et à conserver.

  • Densité calorique élevée : riches en énergie, attention à l’obésité si les rations sont mal ajustées (Animal Welfare Foundation).
  • Composition stabilisée : fabrication industrielle sous contrôle (standards de l’AFSSA ou FEDIAF—Fédération Européenne de l’Industrie des Aliments pour Animaux Familiers).
  • Facilité de stockage et de transport : idéales pour les foyers actifs.
  • Effet mécanique sur les dents : la mastication peut aider à limiter le tartre chez certains individus, même si cet avantage reste souvent surestimé (étude Vet Record, 2020).

Pâtée versus croquettes : les différences nutritionnelles majeures

Critère Pâtée (alimentation humide) Croquettes (alimentation sèche)
Taux d’humidité 70 % à 85 % 7 % à 10 %
Densité énergétique Faible à modérée Élevée
Appétence Très élevée Bonne à correcte
Durée de conservation après ouverture 24 à 48 h au réfrigérateur Plusieurs semaines dans un contenant hermétique
Effet sur l’hydratation Favorise l’apport hydrique Faible, n’apporte quasiment pas d’eau
Contrôle du tartre Quasi nul Léger effet préventif

Avantages et inconvénients : l’essentiel à retenir

Chaque option présente des points forts, mais aussi des limites à prendre en compte selon le profil de l’animal, son environnement, ou ses antécédents de santé.

Points forts de la pâtée

  • Idéale pour les animaux âgés ou convalescents, ou en cas de difficultés dentaires.
  • Permet de prévenir l’apparition de calculs urinaires, notamment chez le chat (étude Vet Journal, 2017 : le taux de cystite idiopathique est réduit de moitié chez les chats alimentés en pâtée par rapport à un régime sec seulement).
  • Réduit les risques de déshydratation.

Points faibles de la pâtée

  • Plus coûteuse à long terme (jusqu’à 2 à 3 fois le budget de croquettes équivalentes, chiffres Kantar pour 2022).
  • Moins pratique : une fois ouverte, la pâtée doit être consommée rapidement et nécessite une réfrigération.
  • Parfois moins équilibrée si la composition n’est pas vérifiée : attention aux produits premier prix pauvres en protéines animales réelles.

Points forts des croquettes

  • Très économiques, pratiques à stocker et à doser.
  • Large choix de gammes thérapeutiques ou spécifiques (croissance, sénior, allergie, etc. ; source Veto Magazine, 2022).
  • Effet “grignotage” : permet aux chats notamment de répartir leurs repas en plusieurs petites prises, ce qui correspond à leur comportement naturel.

Points faibles des croquettes

  • Apport hydrique très faible : peut favoriser les troubles rénaux ou urinaires chez les animaux sensibles.
  • Moins appétentes pour certains animaux difficiles ou âgés.
  • Surconsommation facile à cause de la densité calorique : attention au surpoids (plus de 30 % des chats domestiques souffrent de surpoids en France selon l’ESCCAP).

Le choix du vétérinaire : critères médicaux à ne pas négliger

L'avis du vétérinaire doit entrer en compte, notamment en cas de pathologie. Chez les animaux sujets à l’insuffisance rénale, aux calculs urinaires, ou aux troubles digestifs, la pâtée est souvent recommandée pour favoriser la dilution urinaire (sources : Anses, Guide pratique vétérinaire Petfood 2022). À l’inverse, des croquettes spécifiques peuvent être prescrites pour le diabète ou l’obésité, grâce à leur contrôle de l’index glycémique et à la maîtrise des quantités.

Il est parfois conseillé d’alterner ou de mixer les deux formes, pour cumuler les bénéfices : ce que l’on appelle l’alimentation “mixte” ou “combo” (rapport CatCare 2022).

Hydratation : un enjeu crucial souvent sous-estimé

Chez le chat, l’urine concentrée est la norme. Cela remonte à ses ancêtres du désert : mais en appartement, l’insuffisance d’eau est un facteur de risque de calculs urinaires. Une étude (Journal of Feline Medicine and Surgery, 2017) révèle ainsi que donner de la pâtée réduit de 60 % les consultations vétérinaires liées à des problèmes urinaires chez le chat adulte.

Pour le chien, ce paramètre devient central en été, lors d’une convalescence, d’un âge avancé, ou si l’animal présente une maladie chronique du rein.

  • Un chat consomme en moyenne 40 à 60 mL d’eau par kg et par jour avec une ration sèche, mais ce chiffre tombe à 10 à 20 mL/kg/jour si l’alimentation est humide, car l’apport vient essentiellement de la pâtée (source : WALTHAM Petcare).
  • Le chien s’adapte mieux, mais certains profils boivent peu : la vigilance s’impose également.

Composition : lire les étiquettes pour faire un choix responsable

Quelle que soit la forme choisie, le contenu nutritionnel prime sur l’emballage. Il convient donc de :

  • Vérifier la proportion et la qualité des protéines (minimum 25 % pour le chien adulte sur matière sèche, 30 % pour le chat adulte ; source FEDIAF).
  • Privilégier les ingrédients clairement identifiés (“viande de poulet” et non “sous-produits animaux”).
  • Éviter les excès de glucides cachés, particulièrement délétères pour le chat.
  • S’assurer que le ratio calcium/phosphore est adapté à l’espèce et à l’âge.

Pâtée ou croquettes “premier prix” présentent souvent un déficit en protéines, et des apports trop élevés en additifs (sucres, colorants, sels), qui peuvent aggraver l’obésité ou les troubles digestifs à long terme (cf. UFC Que Choisir : Enquête alimentation animale, 2021).

Les questions à se poser pour trancher

Au-delà des différences techniques, l’alimentation de votre chien ou de votre chat doit être adaptée à sa physiologie, ses goûts, son âge, sa santé et votre mode de vie. Quelques repères :

  1. Votre animal présente-t-il une pathologie (insuffisance rénale, surpoids, allergies) ?
  2. Est-il difficile sur le plan gustatif, ou âgé avec des soucis dentaires ?
  3. Buvez-il assez spontanément ?
  4. Comment s’organise votre quotidien : absences prolongées, petit budget, frigo limité ?
  5. Êtes-vous attentif à limiter son impact environnemental ? Les croquettes présentent généralement un bilan carbone moindre du fait de leur poids à transporter (source : rapport ADEME 2021 sur l’impact écologique de la petfood).

Zoom sur l’alimentation mixte, une réponse à beaucoup de situations

De plus en plus de vétérinaires et de comportementalistes recommandent l’alimentation mixte, qui combine les deux formes alimentaires : garantie d’un bon apport hydrique, couverture optimale des besoins nutritionnels, limitation de la lassitude face à la routine. Des études SOGEVAL (2018) montrent que 58 % des foyers français adeptes de la “double ration” observent moins d’aliments laissés dans la gamelle, et davantage de vitalité chez leur animal.

Cependant, l’association doit se faire avec méthode :

  • Équilibrer les proportions : calcul sur la base du besoin énergétique total (consultez des calculateurs en ligne fiables, tels que la FEDIAF ou le site de la WSAVA pour avoir des repères de rationnement).
  • Respecter un rythme de transition alimentaire si vous introduisez une nouvelle forme (sur 7 à 10 jours).
  • S’assurer que la somme des apports correspond bien aux besoins de l’animal (ne pas simplement superposer les deux quantités : risque de surpoids).

L’alimentation, un acte de soin au quotidien

Choisir entre pâtée, croquettes ou les deux, c’est plus qu’un simple geste de convenance. C’est une décision qui accompagne votre animal durant toute sa vie, influant sur sa vitalité, sa longévité et même la qualité de votre relation. Un geste responsable et affectueux, à affiner au fil de ses besoins et de vos envies de partage.

Il n’y a pas de solution universelle, seulement des choix informés et adaptés. N'hésitez pas à consulter régulièrement votre vétérinaire, à varier les plaisirs avec discernement, et surtout à observer les réactions de votre animal : il reste votre meilleur indicateur de bien-être.