Supermarché ou animalerie : que penser des croquettes vendues en grandes surfaces ?

La réalité du marché : l’offre des supermarchés en chiffres

Une grande majorité des propriétaires d’animaux domestiques achètent leurs croquettes en grande distribution. Selon une étude de Kantar TNS, près de 60 % des possesseurs de chiens et 50 % pour les chats se fournissent en grande surface (source : Syndicat Français de l’Industrie des Aliments pour Animaux Familiers, Facco, 2022). Le marché pèse lourd, avec plus de 3 milliards d’euros de dépenses annuelles en alimentation animale (Statista, 2023).

Face à une offre pléthorique, les marques généralistes dominent, entrecoupées de références de distributeurs et d’une poignée de labels “premium” grand public. Une diversité souvent accompagnée de slogans rassurants (“au saumon frais”, “formule vétérinaire”, etc) mais dont la lisibilité n’est pas toujours évidente.

Composition : que trouve-t-on vraiment dans les croquettes de supermarché ?

Une base majoritairement composée de céréales

Les croquettes “standards” présentes en grande distribution affichent souvent une proportion importante de céréales : maïs, blé, riz… Il n’est pas rare que ces ingrédients constituent 30 à 60 % de la recette totale. Cet apport énergétique peu coûteux permet de proposer des prix plus attractifs sur des paquets de grande capacité.

  • Céréales : Source principale de glucides. Or, chiens et chats n’en ont pas un besoin physiologique élevé. Les excès peuvent être source de surpoids ou d’inconfort digestif, notamment chez le chat (source : La Nutrition.fr).
  • Sous-produits animaux : Le terme “viandes et sous-produits animaux” englobe aussi bien des morceaux nobles (muscles) que des parties moins valorisées (abats, cartilages, etc). Leur qualité est variable, rarement précisée, et la part de vraie viande reste souvent faible.
  • Arômes, colorants, conservateurs : Pour améliorer l’appétence et le visuel, des additifs artificiels sont encore couramment utilisés, contrairement aux croquettes haut de gamme ou vétérinaires qui privilégient la naturalité.

Un taux de protéines souvent limité, une qualité variable

Le taux de protéines est un élément clé pour la santé de l’animal, surtout chez le chat carnivore strict. Or, les croquettes de supermarché tournent généralement autour de 25 à 28 % de protéines brutes pour le chien, et de 28 à 32 % pour le chat. À titre de comparaison, les croquettes “premium” ou vétérinaires montent à 30-40 % pour le chat, et au moins 28-32 % pour le chien (source : Petfood Industry, 2021).

Outre la quantité, la qualité importe beaucoup : toutes les protéines ne se valent pas. Celles issues de céréales ou de végétaux sont moins “biodisponibles” pour l’animal que celles de vraie viande ou de poisson.

Tarifs : quel écart avec l’alimentation “premium” ?

Le principal atout des croquettes de grande surface demeure leur prix : entre 1,80 €/kg et 3,50 €/kg pour des marques généralistes, contre 5 à 10 €/kg pour une marque vétérinaire ou spécialisée (source : Facco 2022). Cette différence s’explique principalement par le coût des ingrédients utilisés et la quantité de matières premières animales.

  • Petits budgets : Les croquettes de supermarché restent la seule option financièrement abordable pour de nombreux foyers.
  • Volume d’achat : Les conditionnements en 10 ou 15 kg réduisent le coût à la portion, ce qui peut sembler intéressant… mais “économiser” sur la nourriture peut parfois engendrer des frais vétérinaires à moyen terme si les problèmes de santé apparaissent.

Découvrez ce que disent les étiquettes : comment décrypter et comparer ?

  • Le premier ingrédient listé est généralement celui en plus grande proportion.
  • La mention “viande fraîche” n’est pas la même chose que “viandes déshydratées” et le taux final de protéines réellement assimilables peut varier.
  • Le terme “sous-produits”, qu’ils soient animaux ou végétaux, manque de transparence sur la qualité exacte de l’ingrédient.
  • Les additifs (antioxydants, colorants) sont à surveiller, notamment chez les animaux sensibles ou allergiques.

Pour guider le choix, il peut être utile d’utiliser des applications ou plateformes d’analyse (Yuka Alimentation Animale, Open Food Facts Petfood) ou de consulter avec un professionnel nutritionniste animalier.

Quels impacts sur la santé ? Ce que montrent les études

Sur le long terme, une alimentation dont la composition est déséquilibrée ou artificiellement enrichie en glucides peut provoquer :

  • Surpoids et obésité : Aujourd’hui, 34 % des chiens et 39 % des chats français sont en surpoids ou obèses (source : Ipsos, 2023). L’alimentation industrielle bon marché, trop riche en glucides, joue un rôle non négligeable.
  • Affections urinaires et rénales : Chez le chat, notamment, un excès de minéraux ou une hydratation insuffisante favorisent la formation de calculs. Les croquettes de supermarché sont rarement adaptées aux chats “fragiles”.
  • Problèmes de peau ou de pelage : Un manque d’acides gras essentiels (oméga 3 et 6) ou des déséquilibres dans la formulation peuvent se répercuter rapidement sur la vitalité du pelage.
  • Appétence et satiété : Les croquettes de qualité inférieure sont parfois moins digestes, provoquent davantage de flatulences, de selles abondantes ou molles.

Il est important toutefois de nuancer : toutes les croquettes vendues en grande surface ne sont pas automatiquement “mauvaises”. Il existe des références correctes, surtout si l’animal ne présente pas de pathologie spécifique et si ses besoins sont simples. Certains chiens vivent en bonne santé de longues années avec une alimentation standard… à condition de surveiller leur état général, leur poids et d’adapter si besoin.

Pour quels animaux ces croquettes restent-elles une option acceptable ?

Les croquettes de supermarché conviennent le plus souvent :

  • Aux animaux adultes en bonne santé sans besoins particuliers, vivant en intérieur ou modérément actifs.
  • Aux foyers avec plusieurs animaux, pour des raisons de budget ou d’accès limité aux animaleries spécialisées.

En revanche, elles restent peu recommandées :

  • Pour les chiots/ chatons en croissance rapide (formulations rarement adaptées sur ces segments en GMS)
  • En cas de problème rénal, urinaire, diabète, allergies alimentaires ou sensibilité digestive : une alimentation spécifique et souvent plus qualitative est à privilégier
  • Chez les animaux sportifs ou de travail, qui requièrent des apports nutritionnels soutenus et calibrés

Quelques astuces pour choisir les “meilleures” croquettes de supermarché

  1. Regardez la liste des ingrédients : privilégier celles qui listent la viande (ou poisson) en 1 ingrédient, plutôt que les céréales.
  2. Privilégiez un taux de protéines d’au moins 30 % pour le chat, 26-28 % pour le chien adulte, en limitant les matières grasses saturées.
  3. Évitez les croquettes trop riches en sous-produits animaux non détaillés et en additifs inutiles.
  4. Pensez à varier les apports, en alternant éventuellement plusieurs références selon l’âge ou la saison.
  5. Observez toujours la santé, le poids, le transit et le pelage de votre animal. Ce sont les meilleurs indicateurs d’une alimentation qui lui convient… quel que soit le prix de la marque.

Une mention “sans colorant ni arôme artificiel” est assurément un plus, même en supermarché.

Vers quoi se tourner si l’on veut aller plus loin ?

  • Les marques distributeur dites “premium”, parfois présentes dans certains super/hypermarchés (type Purina One, Perfect Fit, Ultima), offrent des formules intermédiaires, avec des taux de protéines souvent plus élevés.
  • La commande en ligne (Zooplus, Wanimo, Ultra Premium Direct, etc) ouvre accès à des marques réputées, souvent à prix compétitif, livrées à domicile.
  • Consultez un vétérinaire ou un nutritionniste animalier, qui peut conseiller une transition progressive vers une alimentation mieux adaptée, surtout en cas de problème de santé ou de surpoids.

Pour un animal épanoui : vigilance et adaptation, sans culpabilité

Le choix d’une croquette dépend d’un grand nombre de facteurs (âge, race, activité, santé, budget, contraintes pratiques). Il n’est pas toujours possible pour chacun d’investir dans des aliments premium ou vétérinaires. L’important reste de sélectionner la meilleure option possible dans sa gamme de prix, sans négliger la surveillance régulière de la santé de son compagnon. Un animal heureux, bien nourri et suivi, c’est avant tout un animal aimé et respecté, peu importe d’où vient son paquet de croquettes !

Sources : Facco, Statista, Ipsos, Petfood Industry, LaNutrition.fr, Service Vétérinaire Français.